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« Fun de partie
» 1) Formes et fonctions du calembour dans Fin de
partie |
| Constantin Grigorut |
| Que
Samuel Beckett soit le créateur d’une œuvre profondément
intertextuelle, on l’a souligné et débattu à
maintes reprises. Sur les branches épiques de ses textes en
prose, le feuillage intertextuel frémit mystérieusement
à chaque saison de lecture pour jaunir des corolles
d’inquiétude existentielle. Mais c’est surtout dans son
théâtre que Beckett développe une vision double de
l’univers, comique et tragique à la fois, nourrie par des
frissons métaphysiques, cachant des éclats d’Histoire en
agonie et rapprochant la vie d’une comédie qui ne
s’achève jamais. À l’intérieur de cet espace
théâtral, la langue fait souvent des clins d’œil. Et c’est
toujours à travers une écriture dialogique que la
dérision s’y déclenche. Comme le titre de ce débat critique à doubles battants le suggère, on analysera l’un des textes dramatiques beckettiens les plus riches en ce qui concerne le jeu intertextuel. Publiée en 1957, Fin de partie cache, dans un vrai carnaval des « voix des autres », à côté de toutes sortes de citations et allusions, de nombreux jeux linguistiques. Le jeu de mots est à l’honneur dans toute l’œuvre de Beckett, rien de plus vrai. « Au commencement était le calembour », « In the beginning was the pun », dit le narrateur de Murphy (65). Mais, insérés dans le discours de la plus inquiétante des pièces de Beckett, les quasi-homonymies, les paronomases et les autres jeux de mots qui forment un bien complexe corpus de calembours ouvrent toutes sortes d’allusions à l’irrationalité de l’existence. Quel serait alors le trajet vectoriel de ces calembours sur les orbites linguistiques et culturelles (française et anglaise) ? Comment est-ce qu’ils s’y insèrent ? Quelles seraient les fonctions des calembours à l’intérieur des deux versions de la pièce ? En raison de ces questions, on se propose d’analyser, dans une première communication, le texte français. Ensuite, une deuxième démarche critique proposée par notre collègue Chris Ackerley, qui a répondu avec amabilité à une proposition de travail en équipe, analysera le texte anglais. Loin de chercher des réponses absolues, on vise à ouvrir les portes d’un débat critique assez dynamique autour du calembour beckettien. |
| University of Otago |
| Borderless
Beckett: International Samuel Beckett Symposium in Tokyo 2006 September 29 – October 1 |