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Berceuse : Une danse des
ténèbres ? |
| Katerina Kanelli |
| En
juillet 2005 à Paris, au théâtre du Tremplin, nous
étions spectateurs d’une version originale de la Berceuse, interprétée
par Maki Watanabe. Ce spectacle nous a profondément
bouleversé par l’hardiesse de la présence physique qui
illustrait cette pièce de théâtre de nouvelles
images empruntées à la nuit des temps. Le texte, à
part l’incipit et l’excipit, était oblitéré par
une danse.Nous nous proposons notamment une analyse de cette
pièce à partir d’un corps dansant. D’après Henri Meschonnic, le rythme est la manifestation de l’empirique dans le discours, autrement dit, le corps mobile dans le langage. De ce texte beckettien, merveilleusement rythmé, nous essaierons de montrer les traces d’une danse déjà existante parmi les mots. Par la suite, nous questionnerons le processus qui a mené à une telle interprétation : Quelles sont les liens entre le texte de la Berceuse et le buto, (ou la danse des ténèbres)? Existe-t-il une similarité de pensée, de thèmes ? Comment l’omniprésence du corps bercé, soumis à une logorrhée se transforme-elle en langage corporel ? S’agit-il d’une utilisation abusive d’un texte littéraire qui est par ailleurs méticuleusement écrit ? Cette communication essaiera, donc, de préciser dans quelle mesure une danse, c’est-à-dire un langage corporel tel que le buto qui remonte à travers le corps aux origines de l’existence, peut donner des solutions propices pour l’interprétation d’une pièce théâtrale comme la Berceuse. Au centre de cette conférence, le texte de Samuel Beckett et ses didascalies toujours très précises, serviront de fil conducteur qui aboutira éventuellement à une danse des ténèbres ! |
| University
of Paris 8, Saint-Denis, Department of comparative litterature |
| Borderless
Beckett: International Samuel Beckett Symposium in Tokyo 2006 September 29 – October 1 |